Les travaux en copropriété

DPE collectif obligatoire en 2026 : qui est concerné, coût, sanctions

Depuis le 1er janvier 2026, le DPE collectif s'impose à toutes les copropriétés d'habitation d'avant 2013, petites copropriétés comprises. Qui est concerné, combien ça coûte, quelle majorité pour le voter et ce que risque un immeuble qui ne fait rien.

Prince Foutika Par Prince Foutika
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Sommaire
  1. Qui est concerné au 1er janvier 2026
  2. DPE collectif : ce que c'est, ce que ce n'est pas
  3. Combien coûte un DPE collectif
  4. Quelle majorité, quel calendrier : la mécanique en assemblée générale
  5. Comment se déroule concrètement la mission
  6. Cas particuliers : plusieurs bâtiments, immeubles mixtes, monopropriétés
  7. Que risque une copropriété sans DPE collectif
  8. DPE collectif, PPT, DTG : qui fait quoi
  9. Après le diagnostic : en tirer quelque chose
  10. L'essentiel à retenir

Depuis le 1er janvier 2026, la dernière marche du calendrier est franchie : le diagnostic de performance énergétique collectif est désormais obligatoire pour toutes les copropriétés à usage d'habitation dont le permis de construire a été déposé avant 2013, y compris les petites copropriétés de 50 lots et moins qui étaient jusqu'ici épargnées. Autrement dit, l'immense majorité du parc français est concernée, et des millions de copropriétaires découvrent cette année une obligation dont beaucoup de syndics n'ont pas encore parlé en assemblée générale.

Qui est exactement concerné, combien coûte ce diagnostic, quelle majorité pour le voter, que risque une copropriété qui ne fait rien, et surtout à quoi peut-il réellement servir : voici le guide complet, à jour de la bascule de 2026.

Qui est concerné au 1er janvier 2026

La règle

L'obligation vient de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021, qui a réécrit l'article L. 126-31 du Code de la construction et de l'habitation : tout bâtiment d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013 doit disposer d'un DPE réalisé à l'échelle du bâtiment entier. Pour les copropriétés, l'entrée en vigueur a été étalée sur trois ans selon la taille, et 2026 clôt le calendrier :

Taille de la copropriété DPE collectif obligatoire depuis le
Plus de 200 lots (habitation, bureaux, commerces) 1er janvier 2024
De 51 à 200 lots 1er janvier 2025
50 lots et moins 1er janvier 2026

Attention au décompte : les seuils s'apprécient en lots au sens large (habitation, bureaux et commerces, caves et parkings compris pour le compte total du règlement), mais l'obligation vise les bâtiments à usage d'habitation. Dans le doute, comptez large : à partir de 2026, la question du seuil ne change de toute façon plus rien, puisque toutes les tailles sont concernées.

💡 Bon à savoir

La marche de 2026 est de très loin la plus haute : selon les données SyndiCompare sur le parc immatriculé au registre national, 45 % des copropriétés françaises comptent 2 à 15 lots et 32 % en comptent 16 à 50. Ce sont donc plus des trois quarts des quelque 663 000 copropriétés immatriculées qui basculent dans l'obligation cette année, alors que les vagues 2024 et 2025 ne visaient qu'une petite fraction du parc.

Qui n'est pas concerné

Restent hors du champ de l'obligation : les immeubles dont le permis de construire a été déposé à partir du 1er janvier 2013 (réputés conformes à la réglementation thermique 2012), les bâtiments qui ne sont pas à usage d'habitation, et les copropriétés exclusivement composées de maisons individuelles sans bâtiment collectif. Par ailleurs, une copropriété qui dispose déjà d'un DPE collectif de moins de dix ans est en règle : l'obligation n'impose pas de refaire ce qui existe.

DPE collectif : ce que c'est, ce que ce n'est pas

Le DPE collectif est le même diagnostic que celui que vous connaissez pour un logement, mais réalisé à l'échelle de l'immeuble entier : bâti, isolation, menuiseries, système de chauffage et d'eau chaude, ventilation, parties communes. Il aboutit à la double étiquette énergie-climat (de A à G) du bâtiment, assortie de recommandations de travaux chiffrées en ordre de grandeur. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, à partir des plans, des factures d'énergie, d'une visite sur site et de la méthode de calcul réglementaire (dite 3CL), la même que pour les DPE individuels depuis la réforme de 2021.

Sa durée de validité est de dix ans. Une exception appréciable : si un DPE réalisé après le 1er juillet 2021 classe le bâtiment en A, B ou C, il n'y a pas d'obligation de le renouveler à l'échéance. Les immeubles performants sortent donc du cycle décennal.

Ce que le DPE collectif n'est pas : un audit énergétique. Il photographie la performance et esquisse des pistes ; il ne construit pas de scénarios de travaux détaillés avec plans de financement. C'est le rôle du DTG et de l'audit énergétique, et du plan pluriannuel de travaux qui s'appuie dessus. Pour situer le DPE parmi les autres obligations, notre panorama des diagnostics en copropriété fait le tri.

Combien coûte un DPE collectif

Le prix dépend surtout de la taille du bâtiment, de la disponibilité des documents (plans, factures, carnet d'entretien) et de la complexité des installations (chauffage collectif, plusieurs cages, mixité commerces-habitation). Les ordres de grandeur constatés sur le marché :

Copropriété Fourchette de prix constatée Coût par lot
Moins de 10 lots de l'ordre de 500 à 1 500 € 50 à 150 €
10 à 50 lots de l'ordre de 1 000 à 3 000 € 30 à 100 €
Plus de 50 lots de l'ordre de 3 000 à 5 000 € et au-delà souvent moins de 50 €

Rapporté au lot, l'effort reste modeste : quelques dizaines d'euros une fois tous les dix ans. La dépense relève des charges générales, réparties aux tantièmes, et s'inscrit au budget prévisionnel ou fait l'objet d'un appel spécifique selon ce que vote l'assemblée.

⚠️ Attention

Exigez un diagnostiqueur certifié (la certification est vérifiable sur l'annuaire officiel des diagnostiqueurs) et faites établir 2 ou 3 devis sur la base des mêmes pièces : les écarts de prix du simple au triple sont courants pour la même prestation. Méfiez-vous aussi des offres couplées imposées par un prestataire unique « DPE + audit + maîtrise d'œuvre » : chaque étape peut être mise en concurrence séparément. Enfin, vérifiez que le devis inclut bien la visite sur site et la collecte des données : un DPE bâclé sur documents produit une étiquette contestable, et le DPE est juridiquement opposable.

Quelle majorité, quel calendrier : la mécanique en assemblée générale

La réalisation du DPE collectif se vote à la majorité simple de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965 : majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou votant par correspondance. C'est la majorité la plus facile à obtenir, celle des décisions de gestion courante ; le détail des seuils est dans notre guide des majorités de vote en assemblée générale.

Le déroulé pratique pour une copropriété qui part de zéro en 2026 :

  1. Vérifier l'existant : un DPE collectif ou un audit de moins de dix ans dort peut-être dans les archives (immeubles chauffés collectivement de plus de 50 lots, qui avaient déjà une obligation avant la loi Climat).
  2. Demander l'inscription à l'ordre du jour de la prochaine AG : le syndic devrait le faire spontanément ; s'il ne le fait pas, tout copropriétaire peut l'imposer avec notre modèle de lettre d'inscription d'une question à l'ordre du jour, accompagné de devis pour que le vote soit immédiatement exécutoire.
  3. Voter la réalisation et le financement à l'article 24, en désignant le prestataire ou en mandatant le conseil syndical pour choisir parmi les devis.
  4. Restituer : le diagnostiqueur présente idéalement ses conclusions à l'AG suivante, qui enchaîne sur le projet de plan pluriannuel de travaux.

Comptez trois à six mois entre le vote et le rapport final, davantage si les documents techniques manquent : anticiper l'AG de 2026 ou 2027 est donc la vraie échéance opérationnelle.

Comment se déroule concrètement la mission

Une fois le prestataire désigné, la mission suit un déroulé standard, que le syndic pilote mais que le conseil syndical a tout intérêt à surveiller :

  1. La collecte documentaire : plans, règlement de copropriété, factures d'énergie des trois dernières années, contrats d'exploitation du chauffage, carnet d'entretien, historique des travaux (ravalement, menuiseries, isolation). Plus le dossier est complet, plus le résultat est fiable et la facture contenue : un immeuble sans archives se voit appliquer des valeurs par défaut pénalisantes.
  2. La visite sur site : parties communes, chaufferie, combles et caves, et un échantillon de logements représentatifs des différentes configurations (étage courant, dernier étage, pignon). L'accès à quelques appartements doit être organisé à l'avance ; un mot du syndic ne suffit pas toujours, un relais du conseil syndical fait la différence.
  3. Le calcul et le rapport : étiquette du bâtiment, consommations théoriques par usage, recommandations de travaux hiérarchisées. Exigez une restitution orale, en réunion de conseil syndical ou en AG : c'est là que le diagnostic se transforme en décisions.

Cas particuliers : plusieurs bâtiments, immeubles mixtes, monopropriétés

Trois situations reviennent systématiquement dans les questions des copropriétaires :

  • Copropriété à plusieurs bâtiments : le DPE s'établit à l'échelle de chaque bâtiment d'habitation ; une résidence de trois immeubles commandera donc trois diagnostics, généralement mutualisés chez le même prestataire avec un prix dégressif.
  • Immeuble mixte (commerces en pied d'immeuble, bureaux) : l'obligation vise le bâtiment à usage principal d'habitation ; les lots commerciaux comptent dans les seuils mais le diagnostic porte sur la partie résidentielle et les équipements communs.
  • Monopropriété : les immeubles collectifs détenus par un propriétaire unique sont soumis à la même obligation depuis le 1er janvier 2024, sans étalement par taille. Si vous achetez un lot dans un immeuble récemment mis en copropriété, le DPE collectif a donc dû être réalisé avant même la division.

Que risque une copropriété sans DPE collectif

Soyons précis, car les contenus alarmistes abondent : aucune amende spécifique n'est prévue à ce jour pour une copropriété qui n'a pas réalisé son DPE collectif. Le risque est indirect, mais il est bien réel, et il pèse sur trois terrains :

  • La responsabilité du syndic : faire respecter les obligations légales de la copropriété relève de sa mission d'administration (article 18 de la loi de 1965). Un syndic qui n'inscrit jamais la question à l'ordre du jour s'expose à voir sa responsabilité recherchée, et donne un motif de plus de le mettre en concurrence.
  • Les ventes et les locations : chaque vente ou mise en location exige un DPE individuel en cours de validité. Sans DPE collectif, chaque copropriétaire paie le sien dans son coin, au prix fort, avec des résultats parfois incohérents d'un lot à l'autre. Les acheteurs avertis, eux, réclament désormais le DPE collectif et le PPT avant de signer (voir ce que l'acheteur doit vérifier) : son absence devient un signal négatif qui pèse sur les prix.
  • Le mur locatif : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront au 1er janvier 2028 et les E en 2034. Une copropriété qui ignore sa performance énergétique découvre le problème au pire moment, bailleur par bailleur, sans stratégie collective de travaux.

Le calcul est vite fait : le DPE collectif coûte quelques dizaines d'euros par lot, quand une interdiction de louer ou une décote à la revente se chiffre en dizaines de milliers d'euros par logement.

DPE collectif, PPT, DTG : qui fait quoi

La loi Climat et Résilience a créé un triptyque que beaucoup confondent, y compris certains professionnels :

Outil Contenu Obligatoire ?
DPE collectif Étiquette énergie-climat du bâtiment + recommandations Oui, toutes copropriétés d'habitation pré-2013 (depuis le 1/1/2026 pour les 50 lots et moins)
Projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT) Liste de travaux priorisés sur 10 ans, coûts estimés, gains attendus Oui, copropriétés de plus de 15 ans (calendrier achevé depuis le 1/1/2025 pour les 50 lots et moins)
DTG / audit énergétique Diagnostic technique global : état du bâti, obligations, projections de charges Facultatif, sauf cas particuliers (mise en copropriété d'un immeuble de plus de 10 ans, habitat dégradé)

L'ordre logique est celui-là : le DPE collectif mesure, le PPT planifie, l'audit ou le DTG approfondit quand le projet devient sérieux. En pratique, beaucoup de copropriétés de 50 lots et moins cumulent en 2026 un retard sur les deux premiers : grouper la commande DPE collectif + projet de PPT auprès du même bureau d'études permet de mutualiser la visite et les données, et de négocier le prix global. Notre pilier sur la rénovation énergétique en copropriété détaille l'enchaînement complet, du diagnostic au chantier.

Après le diagnostic : en tirer quelque chose

Un DPE collectif qui finit dans une armoire est un DPE gaspillé. Trois usages concrets en valent le prix :

Générer les DPE individuels. À partir des données du DPE collectif, un DPE individuel peut être établi pour chaque lot sans nouvelle visite complète : c'est plus rapide, moins cher, et cohérent d'un logement à l'autre. Pour un bailleur ou un vendeur, c'est l'économie la plus immédiate, et un argument à faire valoir en AG auprès des copropriétaires qui ne voient pas l'intérêt collectif du diagnostic.

Nourrir le plan de travaux. Les recommandations du DPE alimentent directement le projet de PPT, puis les votes de travaux. Une copropriété classée E, F ou G a intérêt à enchaîner sans attendre : les échéances locatives de 2028 se préparent deux AG à l'avance, le temps de voter l'audit, la maîtrise d'œuvre puis les travaux.

Débloquer les aides. Les travaux issus de ce parcours ouvrent droit, sous conditions de gain énergétique, à MaPrimeRénov' Copropriété et aux dispositifs locaux ; le réseau public France Rénov' accompagne gratuitement les copropriétés dans le montage. Sans DPE ni PPT, aucun dossier d'aide collective ne tient debout : le diagnostic de 2026 est la première pièce du financement de vos futurs travaux.

L'essentiel à retenir

Depuis le 1er janvier 2026, toutes les copropriétés d'habitation antérieures à 2013 doivent disposer d'un DPE collectif, les 50 lots et moins comme les autres. Le diagnostic se vote à la majorité simple de l'article 24, coûte le plus souvent entre 500 et 5 000 € selon la taille, reste valable dix ans, et il n'existe pas d'amende directe mais des risques bien concrets : responsabilité du syndic, ventes fragilisées, mur locatif des étiquettes F et G. Si votre syndic n'a toujours pas mis le sujet à l'ordre du jour en 2026, c'est un indicateur qui ne trompe pas sur sa gestion : imposez la question par courrier recommandé, et profitez-en pour comparer ce que proposent les autres syndics pour votre immeuble, exigence réglementaire comprise.

Vos questions sur le sujet

Le DPE collectif remplace-t-il le DPE individuel pour vendre ou louer ?

Pas automatiquement, mais il permet d'en générer : un DPE individuel peut être établi à partir des données du DPE collectif, sans nouvelle visite complète, pour un coût réduit. C'est l'un de ses principaux intérêts pratiques pour les vendeurs et les bailleurs.

Notre immeuble a déjà un audit énergétique : sommes-nous en règle ?

Non, l'audit ne vaut pas DPE collectif : ce sont deux documents distincts. En revanche, un DPE collectif de moins de dix ans suffit, et un DPE réalisé après juillet 2021 classant le bâtiment A, B ou C dispense même de renouvellement à l'échéance.

Qui paie le DPE collectif ?

Le syndicat des copropriétaires : la dépense relève des charges générales, réparties entre tous les copropriétaires aux tantièmes, via le budget prévisionnel ou un appel de fonds voté en assemblée générale.

Un acheteur peut-il exiger le DPE collectif avant de signer ?

Il a tout intérêt à le demander, avec le plan pluriannuel de travaux : ces documents révèlent la performance réelle du bâtiment et les travaux qui s'annoncent. Son absence dans une copropriété concernée par l'obligation est en soi un signal d'alerte sur la gestion.

Prince Foutika
Prince Foutika
Expert copropriété

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